Arrivée
récemment dans cette région de Camargue,
Danielle Raspini découvre, un peu par "hasard"
en flânant dans les rues d'Arles, le costume d'Arlésienne.
Ses activités professionnelles dans
le design textile l'ont conduite à travailler
par le passé avec la haute couture
ce qui lui permet d'apprécier la qualité des tissus,
l'ampleur des drapés.
Après avoir réalisé deux portraits d'arlésiennes
de ses connaissances, elle assiste pour la première fois,
en juillet 2002 à Port Saint Louis du Rhône,
au défilé costumé organisé par le comité
des fêtes de la ville.
Dès lors et après d'autres rencontres avec ces femmes
natives du Pays d'Arles qui depuis leur enfance perpétuent
la tradition du costume, elle prendra la mesure de l'importance de celui-ci.
Ce costume d'Arlésienne n'est pas un simulacre folklorique
d'une région ensoleillée et touristique.
Ses racines sont profondes, bien ancrées, bien réelles.
C'est avec les Japonais, avec lesquels elle a travaillé près
de dix ans,
et au cours de ses différents voyages au pays du soleil levant,
qu'elle ressentira ce que la tradition peut
avoir de force stabilisante pour une population.
Danielle
Raspini peint depuis 1972,
ses recherches personnelles se sont orientées dès le
début dans une démarche symbolique surprenante et résolument
futuriste.
Peindre les arlésiennes représentait pour elle une manière
bien différente d'aborder l'art contemporain
Elle écrira : "J'aime le costume d'arlésienne pour
diverses raisons
et je ne tiens pas à faire des ces femmes concrètement
irréelles
pour une journée de fête, des espèces de personnages
endimanchés à vendre sur les stands de foire comme
certaines vitrines nous les proposent sans le moindre respect.
Je dialoguerai avec l'Arlésienne, ou bien je ferai autre chose."
Le ton est donné : "dialoguer avec l'arlésienne",
cela veut dire pour le peintre, faire parler la toile,
ne pas trahir le soin évident que ces femmes apportent
dans le choix des tissus, la sélection des bijoux,
des accessoires, tout cet ensemble de détails qui font
de ce costume une parure merveilleusement féminine,
d'une élégance rare, d'une tenue et d'un maintien qui
sont
la signature de
cette séduisante noblesse sans arrogance.
Faire passer tout ça, aller au delà de l'image
de la simple reproduction photographique,
sans faire un "remake" des peintures anciennes.
Rester contemporain. On pense aux hyper-réalistes américains
mais avec une lumière plus chaude, plus poétique, plus
méridionale.
Chaque détail sera exprimé sans basculer dans l'étude
documentaire
qui pousserait l'artiste dans un académisme fermé.
Une peinture contemporaine pour exprimer la tradition,
l'amour du travail bien fait, sans discours aux accents
intellectuels compliqués, qui met en évidence ces valeurs
authentiques
seules à savoir traverser le temps.
Jean-Claude
Abrard
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Mêler
la réalité au rêve, n'était-ce pas se mettre
en grand péril ?
Le monde réel ne fait qu'une bouchée des rêves qui
passent à sa portée.
Marie
Berré
Poker Menteur
Edition Amalthée 2006
Lorsque
notre nourriture, nos vêtements, nos toits, ne seront plus que
le fruit exclusif de la production standardisée, ce sera le tour
de notre pensée.
Toute idée non conforme au gabarit devra être éliminée.
John
Steinbeck
"A l'est d'Eden" 1952
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